2011-09-05

LIVRES :

Gabrielle Chanel (1883-1971), plus connue sous le diminutif de Coco, aurait été une espionne nazie pendant la seconde guerre mondiale et une antisémite notoire, affirme un journaliste américain vivant à Paris dans une biographie consacrée à la grande prêtresse de la haute couture française, paru aux États-Unis, Sleeping with enemy. Coco Chanel's secret war* (Au pieu avec l'ennemi. La guerre secrète de Coco Chanel).

Si sa liaison avec un officier nazi, le baron Hans Günther von Dinckage, était connue, Hal Vaughan, octogénaire, nous dévoile une Coco Chanel en Mata-Hari. Recrutée par le service de renseignement de l'état-major de l'armée allemande Abwehr, en 1940, elle était l'agent numéro F-7124 et avait pour nom de code Westminster. Elle aurait été en mission à Madrid (Espagne), en 1941, avec un autre « traître français », le baron Louis de Vaufreland, pour obtenir la libération de son neveu André Palasse capturé. Elle se serait rendue une seconde fois à Madrid, en 1943, à la demande du général SS Walter Schellenberg.

À la Libération, elle ne passera que quelques heures entre les mains des Forces françaises de l'intérieur (FFI) grâce à une intervention de Winston Churchill, par l'intermédiaire de l'ambassadeur de Grande-Bretagne près du gouvernement provisoire du général Charles de Gaulle. Elle quittera Paris pour Lausanne (Suisse) où la rejoint ensuite son amant von Dinckage.

Les critiques émises par Hal Vaughan ne sont « pas fondées », a aussitôt démenti la maison Chanel dans un communiqué diffusé lors de la parution de l'ouvrage il y a environ trois semaines, tenant à préciser que le baron von Dincklage « était anglais par sa mère et qu’elle l’avait connu avant-guerre ».

Quant aux accusations d’antisémitisme, il paraît peu probable, estime la prestigieuse maison de l'avenue Montaigne, que Coco Chanel aurait eu des relations avec la famille propriétaire, des amis d’origine juive ou encore des relations professionnelles comme « la famille Rothschild, le photographe Irving Penn ou l’écrivain français Joseph Kessel » si elle avait réellement eu de telles façons de penser.

C'est toute jeune adolescente que Coco a appris à coudre et à « haïr les Juifs », selon un article du site The Washington Post (« Sleeping With the Enemy, » by Hal Vaughan, Marie Arana, 20 août 2011) qui rapporte des propos de l'une de ses amis rédactrice au magazine Marie Claire. Pour le New York Times, Coco n'était pas qu'une antisémite et une espionne, elle était également « homophobe, arriviste, opportuniste, ridiculement snob avec des phrases du genre 'Si tu es blonde, utilise du parfum bleu' et dépendante à la morphine » (Was Coco Chanel a Nazi Agent ?, Judith Warner, 2 sept. 2011)._____* « Sleeping with the enemy. Coco Chanel's secret war », Hal Vaughan, Éd. Alfred A. Knopf, New York, août 2011, 279 p., 28 €.

Source: http://www.lextimes.fr

No comments:

Post a Comment